Journal de bord d’une confinée

Je commence cet article ne sachant pas si il aura une fin ni de quoi il sera fait. Mais j’ai le sentiment que cette période est historique et qu’un jour, je serai contente d’avoir gardé une trace. Pour moi, pour mes enfants.

Il va sans doute être d’une terrible banalité tant les quotidiens des uns et des autres se ressemblent actuellement.

Vivre confinés, vivre comme si nous étions en guerre, vivre sans école, vivre sans échéance … qui aurait pu l’imaginer ?

Alors voilà, tout d’abord les écoles ont été fermées. Pour moi, toute nouvelle maîtresse … plutôt ironique non ? Je voulais un métier où je me sente utile et me voilà consignée à la maison sans y être préparée. Qu’à cela ne tienne, il y a des choses à organiser, une « continuité pédagogique » à assurer. Alors un peu dans le flou, un peu à tâtons, je crée des outils, je garde le lien avec mes élèves, je prend soin des plants de haricots de la classe comme je prendrais soin de mes élèves …

Au fond de moi, je ne sais pas ce que va donner cette école à la maison à part, sans soute, creuser des écarts existants … mais notre programme scolaire est-il finalement une priorité au milieu d’un tel tumulte …

A la maison, nous nous organisons aussi. Une façon de garder le contrôle, maintenir un rythme et du sens. Une petite classe est aménagée dans le bureau, nos journées sont scandées : le lever (matinal, merci Anna), classe à la maison pour les garçons et moi, ménage de Printemps pour Damien et Anna, repas, sieste/lecture, jeux extérieurs, yoga, câlins du soir qui s’éternisent à 5 dans le même lit …

Malgré le confinement, notre mode de vie déjà relativement simple a l’avantage de ne pas trop perturber le quotidien : nous ne faisons pas les magasins, nos producteurs locaux ne sont pas assaillis par des fils de caddies bondés, nous avons fait le plein à la médiathèque avant l’annonce de notre Président, nous profitons du grand jardin des voisins qui permet aux enfants d’avoir l’impression de « faire une sortie ».

Parfois j’oublie que cette situation est subie, que cette vie en huis-clos nous est imposée et parfois ça me revient en pleine tête et je me demande quand ça va s’arrêter, quand est-ce qu’on va retrouver une vie « normale », quand est-ce que nous allons reprendre un café du samedi matin avec mes parents, un barbecue du dimanche avec mon frère et que les enfants vont aller et venir à leurs activités.

Et puis, comme beaucoup, j’espère que cette leçon de vie va permettre de voir émerger un monde meilleur, un monde où chacun prendra conscience de ce qui compte. De ce qui compte vraiment.

Etre libre, être en bonne santé, avoir un toit, avoir à manger
et nos proches auprès de nous.

Et c’est à peu près tout …

Une réflexion sur “Journal de bord d’une confinée

  1. dafodile dit :

    Je me retrouve bien dans ce que tu écris… (sauf que mon homme travaille, lui). Pour le moment je ne le trouve pas du tout désagréable, ce confinement 😉

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