Sans fessée : les enfants de demain

Hier soir, je suis rentrée du travail fatiguée. J’avais passé une journée horrible. J’ai récupéré les enfants à l’école et il y avait un monde fou sur le parking. J’étais énervée.
Nous sommes arrivés à la maison. Mon mari était là, tranquille sur le canapé. Je lui demande si il a passé une bonne journée. Absorbé par son journal, il ne me répond pas.
Ça a vraiment le don de m’énerver donc je file lui arracher des mains son bout de papier pour attirer son attention. « Non mais quand même  !! »

Le soir en mangeant, il continue de m’énerver et renverse son verre d’eau.
Je lui ai dit « ça suffit, c’est pas possible d’être aussi maladroit ». Il le fait exprès ou quoi ?

Un peu plus tard dans la soirée, j’ai dû ramasser ses affaires de sport qui traînaient alors que je lui ai demandé de le faire des centaines de fois.
J’ai vraiment eu l’impression qu’il faisait tout pour me provoquer.
Je lui ai mis une claque. Je n’ai pas eu le choix. Après tout, il faut bien qu’il comprenne à la fin.

Évidemment cette soirée est fausse et j’ai même eu du mal à imaginer ces scènes de vie mais voilà comment serait notre vie de couple si on appliquait certaines violences -dites- ordinaires faites aux enfants.

J’ai rédigé cet article après avoir lu et entendu hier certains commentaires faisant écho à la décision parlementaire de ce week-end d’interdire toute forme de violence envers les enfants.

Et vraiment, je ne comprends pas.

Comment peut-on dire qu’il y a de « bonnes fessées » ou des « fessées méritées » ?

Comment peut-on considérer comme normal un acte de violence ?

Comment peut-on parler d’éducation avec une telle méthode ?

Comment vouloir une société pacifique en inculquant à ces petits citoyens en formation que la violence est légitime ?

Les enfants sont nos miroirs : ils reproduisent nos habitudes, nos mots, nos gestes.

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OUI les enfants sont fatigants, usants, énergivores
OUI être parent c’est dur, difficile, compliqué
Mais
NON taper autrui n’est pas normal.
NON la violence n’enseigne rien.

Je ne veux pas faire de ce billet un article moralisateur ou culpabilisant.  Je ne suis moi même pas toujours un modèle de patience et si j’exclue toute violence, il m’arrive -encore- de crier.

Mais je n’en suis jamais fière et je ne me dis jamais que c’était la seule solution et qu’ils l’ont bien mérité.

Crier, humilier, frapper, c’est toujours une preuve de faiblesse et d’impuissance et on peut toujours faire autrement.  J’en suis convaincue.

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A nous de trouver des alternatives. A nous d’inventer un nouveau modèle.

Qu’est ce qu’on risque ?

Jusqu’à présent, notre société a t-elle réussi à élever des hommes et des femmes sachant reconnaître et accepter leurs émotions ?
Sommes-nous tous entourés de citoyens bienveillants, honnêtes et empathiques ?
Vivons-nous dans un monde pacifique ?

Alors, vraiment -je redemande- qu’est ce qu’on risque à faire autrement ?
Au pire, ça marche !

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Affiche de Sophie Blum (ici)-Photos Pixabay

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